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Infrastructure IA

SambaNova à 10 Mds$ : l'inférence hors Nvidia déjà en France

SambaNova lève ~1 Md$ à 10 Mds$ de valorisation. L'inférence hors Nvidia est déjà consommable en France via OVHcloud : ce que doit arbitrer un DSI.

Louis-Clément Schiltz
CEO & Founder, Webotit.ai
8 min de lecture

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En bref

Le 25 juin 2026, SambaNova boucle un tour d'environ 1 Md$ à 10 Mds$ de valorisation, mené par General Atlantic, soit cinq fois la valeur de février. Combinée à la disponibilité SN50 prévue au second semestre 2026 avec Intel Xeon 6 et à la présence en France via OVHcloud, cette levée donne aux DSI un deuxième fournisseur d'inférence crédible hors Nvidia, après l'IPO Cerebras.

Le 25 juin 2026, une valorisation multipliée par cinq en quatre mois

Le 25 juin 2026, The Information révèle que SambaNova finalise un tour de table d'environ 800 millions à 1 milliard de dollars, mené par General Atlantic, sur une valorisation pré-money de 10 milliards.71 En février, l'entreprise valait encore 2 milliards. Multiplier par cinq en quatre mois sur le matériel d'IA, ce n'est pas anodin.

Le porteur de l'information n'est pas un analyste anonyme. C'est Lip-Bu Tan, président de SambaNova et CEO d'Intel.2 Intel a participé à la précédente série E de 350 M$ en février 2026, et le partenariat industriel Intel/SambaNova passe en disponibilité commerciale au second semestre 2026.3

Trois faits à connecter avant de classer ce tour dans la rubrique « actu chip ».

Trois faits qui sortent SambaNova du tableau « challenger Nvidia »

1. Le SN50 est conçu pour l'inférence agentique, pas pour l'entraînement. Annoncé le 24 février 2026, le SN50 est une RDU (Reconfigurable Dataflow Unit) à trois niveaux de mémoire — SRAM, HBM et DRAM. Elle revendique cinq fois la vitesse des puces concurrentes et trois fois moins de coût total de possession qu'un GPU équivalent sur des charges agentiques. Un seul rack tient jusqu'à 10 000 milliards de paramètres en mémoire active et reste sous 30 kW, refroidi à l'air.4

2. L'architecture est désagrégée et hétérogène. Le schéma directeur Intel/SambaNova prévoit que les GPU gèrent le prefill (compréhension de la requête), les RDU SambaNova gèrent le decode (génération de la réponse), et les Xeon 6 servent d'hôte et de processeur d'action vers les applications métier.36 Concrètement, un opérateur n'a pas à choisir entre Nvidia et SambaNova : il combine.

3. SambaNova est déjà présente en France. Depuis novembre 2025, OVHcloud opère son service AI Endpoints sur la pile SambaStack avec un SLA de disponibilité de 99,8 %, en région France.5 Pour un DSI français qui doit justifier un fournisseur d'inférence hors hyperscaler US, il existe déjà un point d'entrée production, sans bon de commande outre-Atlantique.

Trois faits qui changent la lecture du tour à 10 Md$ : ce n'est pas une promesse 2027, c'est un fournisseur partiellement déployé que les investisseurs revalorisent parce qu'ils voient les contrats arriver.

Pour une DSI française, le verrou Nvidia ne tombe pas du jour au lendemain

Le marché de l'inférence ne bascule pas en une nuit. Il faut le dire pour ne pas survendre.

Nvidia conserve la position dominante sur l'entraînement, l'écosystème logiciel CUDA, et la plupart des piles LLM en production aujourd'hui. Un chatbot ou un callbot déjà déployé sur Azure OpenAI ou sur Bedrock GPU ne migre pas vers SambaNova entre deux comités de pilotage. Le coût de migration est réel : tests de non-régression, réajustement des prompts, validation latence, contractualisation.

Ce qui change, c'est la composition de la liste courte d'inférence quand on rouvre un contrat ou qu'on lance un nouveau cas d'usage. Jusqu'à la fin du premier trimestre 2026, la réponse honnête était souvent : Nvidia, plus Nvidia, ou « on attend ». Avec l'IPO Cerebras du 17 avril et la revalorisation SambaNova du 25 juin — sans oublier la puce Jalapeño d'OpenAI/Broadcom du 24 juin — la liste courte passe à trois ou quatre lignes crédibles à 18 mois. Nous avions détaillé le verrou GPU qui se fissure dans l'IPO Cerebras et l'angle Broadcom dans la puce maison OpenAI/Jalapeño.

Le résultat opérationnel : la pression à la baisse sur le prix au million de tokens devient un argument de négociation, pas une projection.

Trois scénarios français qui basculent vraiment

Pour éviter le flou, voici trois scénarios illustratifs. Ce sont des cas types, pas des cas clients : ils servent à montrer où le calcul change, pas à citer une entreprise précise.

Scénario 1 — Banque privée régionale, 2 000 collaborateurs, callbot relation patrimoniale. Volume cible : 60 000 appels/mois sortants + 90 000 entrants. Contrainte de latence sur le premier token : 400 ms maximum, sinon la voix sonne fausse. Aujourd'hui, l'arbitrage se joue entre Azure OpenAI et une instance Bedrock Claude. Avec OVHcloud + SambaNova en région France, une troisième ligne entre dans le tableau : inférence en région France-Roubaix, sans dépendance directe à un hyperscaler US, latence sur le premier token annoncée en dizaines de millisecondes par SambaNova.4 Le DSI doit instruire la question dans son appel d'offres callbot du quatrième trimestre, pas la balayer.

Scénario 2 — Distributeur e-commerce, 3 500 collaborateurs, chatbot d'assistance + agent SAV. Volume : 80 000 sessions/mois sur le widget + 12 000 conversations d'agent IA back-office par mois pour la résolution de litiges. Le coût d'inférence pèserait 35 à 50 K€/mois selon le mélange de modèles. La promesse SambaNova de trois fois moins de TCO sur charges agentiques ne se vérifiera qu'en pilote. Mais si elle est même partiellement réelle, l'enveloppe annuelle pourrait baisser de 100 à 200 K€. C'est l'ordre de grandeur qui justifie qu'un directeur achats demande un pilote chiffré avant de renouveler son contrat. C'est exactement le type d'arbitrage qui se joue sur les agents IA SAV.

Scénario 3 — Mutuelle santé, 1 500 collaborateurs, mailbot de qualification 200 000 emails/mois. La tâche n'est pas critique en latence. Elle est critique en volume et en conformité (ACPR + HDS). Le tour à 10 Md$ et le partenariat OVHcloud ne changent pas grand-chose à très court terme pour ce cas. La donnée reste sur la pile actuelle. Ce qui change : la mutuelle peut désormais inscrire dans sa cartographie SI un fournisseur d'inférence hébergé en France, sans passer par les hyperscalers US. Utile alors que les obligations de transparence de l'article 50 de l'AI Act s'appliquent — sujet que nous avons traité dans l'article du 29 juin sur l'Article 50 et le Code de Pratique.

Ce qu'il faut retenir

Ce que ça change pour une entreprise française

Si vous êtes DSI ou directeur infrastructure d'une ETI française, le tour de table SambaNova n'est pas une actualité capital-risque à classer dans la veille. C'est un signal de marché qui, combiné à l'IPO Cerebras et à la sortie de la puce OpenAI/Jalapeño, modifie la conversation de fin d'année avec Microsoft, AWS et vos intégrateurs.

Trois choses concrètes à faire bouger dans les semaines qui viennent.

Réouvrir le chapitre « inférence » des appels d'offres en cours. Si vous lancez un appel d'offres chatbot, callbot, mailbot ou agents IA d'ici décembre, demandez explicitement au prestataire de positionner sa pile technique vis-à-vis de Cerebras, SambaNova et des puces maison des hyperscalers. Une réponse honnête vaut mieux qu'un « Nvidia d'abord » réflexe.

Demander un pilote chiffré sur le coût au million de tokens. Sur un cas d'usage à fort volume (chatbot à 80 000 sessions/mois, mailbot à 200 000 emails/mois, callbot à 60 000 appels/mois), un pilote de quatre semaines avec OVHcloud AI Endpoints sur SambaNova est désormais réalisable. C'est ce qu'on demande, pas une étude de cabinet à 80 K€.

Mettre la souveraineté au bon endroit du discours. Pour une banque sous ACPR/DORA ou une mutuelle sous ACPR/HDS, le couple OVHcloud + SambaNova répond à la question « où sont mes tokens ? » d'une manière auditée. C'est utile dans une cartographie SI présentée à un régulateur. Pour un distributeur e-commerce qui ne dépend pas du régulateur, c'est un argument plus faible : prioriser le TCO.

Webotit conçoit ses chatbots, callbots, mailbots et équipes d'agents IA pour rester portables entre fournisseurs d'inférence — Claude, GPT, Mistral, DeepSeek, et demain les piles Cerebras ou SambaNova selon le ratio coût/latence du cas d'usage. Ce découplage n'est pas un argument marketing, c'est une condition pour profiter de la déflation de l'inférence sans réécrire un produit tous les six mois.

Si vous voulez chiffrer ce que ça donne pour votre périmètre, estimez le retour sur investissement d'un chatbot ou callbot Webotit. Si vous voulez en discuter dans votre contexte, parlez à un expert agents IA Webotit.

Trois décisions à intégrer dans l'appel d'offres inférence du quatrième trimestre

  1. Question fournisseur à insérer dans la grille : « Comment votre offre gère-t-elle le routage entre Nvidia, Cerebras et SambaNova/OVHcloud d'ici fin 2026, et qui prend en charge le coût d'une bascule technique ? »
  2. Clause contractuelle : exiger un délai de sortie ou de bascule de quatre à huit semaines, pas de douze mois. La concurrence existe ; il n'y a plus de raison d'accepter 36 mois de verrouillage sur l'inférence.
  3. Cartographie SI : ajouter une ligne « inférence hors hyperscaler US disponible en France » dans la matrice fournisseurs IA, et la qualifier (oui partiel via OVHcloud, non, en cours d'évaluation). Cette ligne pèse dans les revues conformité 2026-2027.

Conclusion

Une valorisation multipliée par cinq en quatre mois sur un fabricant de puces, c'est rare. Quand ça concerne l'inférence d'IA, et que le fournisseur est déjà commercialement disponible en France via OVHcloud, ce n'est pas un signal capital-risque. C'est une donnée d'arbitrage pour la DSI.

Le verrou Nvidia ne saute pas en un trimestre. Mais il y a maintenant trois fournisseurs crédibles à instruire dans un appel d'offres d'inférence, contre un seul il y a six mois. Une DSI qui rentre dans cette logique avant ses concurrentes négocie ses contrats 2027 dans de meilleures conditions, et qualifie son architecture pour la cartographie AI Act qui se précise.

Vous préparez un projet chatbot, callbot, mailbot ou agents IA et vous voulez le découpler dès la conception de votre fournisseur d'inférence ? Discutez-en avec nos équipes spécialisées en IA conversationnelle Webotit.

Questions frequentes

Qu'est-ce que SambaNova et pourquoi sa valorisation à 10 Mds$ compte pour une DSI ?

SambaNova est un fabricant californien de puces d'inférence pour IA agentique, fondé en 2017. Le tour de table d'environ 1 Md$ mené par General Atlantic, finalisé fin juin 2026 à 10 Mds$ de valorisation, marque l'arrivée d'un deuxième fournisseur d'inférence crédible hors Nvidia, après l'IPO Cerebras d'avril 2026. Pour une DSI, cela ouvre une ligne supplémentaire dans la liste courte des appels d'offres d'inférence.

Quand le SN50 de SambaNova sera-t-il disponible pour les entreprises ?

Le SN50 a été annoncé le 24 février 2026. La disponibilité commerciale du schéma intégré Intel Xeon 6 + RDU SambaNova + GPU est prévue au second semestre 2026 pour les entreprises, fournisseurs cloud et programmes d'IA souveraine. SoftBank est le premier client de déploiement annoncé, dans ses centres de données au Japon.

SambaNova est-il accessible aux entreprises françaises sans passer par les hyperscalers US ?

Oui, depuis novembre 2025. OVHcloud propose son service AI Endpoints basé sur la pile SambaStack avec un SLA de 99,8 %, en région France-Roubaix. Une entreprise française peut donc consommer de l'inférence SambaNova sans contrat direct outre-Atlantique, ni dépendance Microsoft/Amazon/Google. C'est un point utile pour les cartographies SI sous AI Act.

Quelle différence entre SambaNova, Cerebras et Groq pour l'inférence LLM ?

Cerebras mise sur la puce wafer-scale (WSE-3) avec mémoire SRAM intégrale pour le débit maximal. Groq parie sur la latence déterministe avec ses LPU. SambaNova combine SRAM + HBM + DRAM sur sa RDU et privilégie le coût total de possession des charges agentiques. Les trois sont positionnés sur l'inférence, pas l'entraînement. Le choix dépend du cas d'usage : latence stricte (Groq), volume sur très gros modèle (Cerebras), agents avec mémoire longue (SambaNova).

Que doit faire un DSI français concrètement après cette annonce ?

Trois actions opérationnelles. Un, rouvrir le chapitre « fournisseur d'inférence » dans tous les appels d'offres chatbot, callbot, mailbot ou agents IA en cours. Deux, demander un pilote chiffré sur OVHcloud AI Endpoints (région France) pour les cas d'usage à fort volume. Trois, ajouter une ligne « inférence hors hyperscaler US disponible en France » dans la cartographie SI pour les revues conformité AI Act 2026-2027.

Sources et references

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  7. [7]
SambaNovainférenceNvidiaOVHcloudIntelsouveraineté IA